La 13ème édition du Festival des Andalousies Atlantiques d’Essaouira, placée sous le signe de la jeunesse et de la transmission, s’est achevée le week-end dernier. Ce sont les « Jeunes Grands Maîtres » de la musique andalouse qui auront été sous le feu des projecteurs cette année. Venus des quatre coins du Maroc, ces prodiges auront partagé l’affiche avec entre autres, l’emblématique Raymonde El Bidaouia, diva de la musique chaâbi. Retour sur une édition riche en émotions.

Affiche de la 13ème édition des Andalousies Atlantiques d'Essaouira

Affiche de la 13ème édition des Andalousies Atlantiques d’Essaouira.

Un peu de stress, beaucoup de jeunes artistes, de la passion, des musiciens chevronnés, voici comment l’on pourrait résumer cette 13ème édition du Festival des Andalousies Atlantiques. De nombreuses personnalités de la musique traditionnelle marocaine n’ont pas hésité à faire le déplacement pour prendre part à cette grande fête, qui célébrait cette année encore, les plus belles musiques du patrimoine judéo-marocain.

Parmi ces célébrités, Raymonde El Bidaouia qui signait son grand retour à Essaouira, où elle a interprété ce week-end ses plus grands succès, et qui a su insuffler à cette édition sa joie de revenir à son Maroc natal. Sanaa Marahati, accompagnée de son orchestre, a quant à elle revisité une partie du répertoire du compositeur et interprète Samy El Maghribi, pour le grand bonheur des inconditionnels de ce monument de la musique sépharade. Un hommage émouvant a en outre été rendu par Rachid Ouchehad et son groupe souiri au musicien, chanteur et compositeur Maurice El Medioni. Véritable découverte de cette édition, la formation Moultaqa Salam et le groupe Ushaq Tarab Al Ala ont à leur tour conquis le public.

La chanteuse Raymonde El Bidaouia lors de la 13ème édition des Andalousies Atlantiques/crédit photo elaphmorocco.com

La chanteuse Raymonde El Bidaouia lors de la 13ème édition des Andalousies Atlantiques / Crédit photo: elaphmorocco.com

Pour André Azoulay, Président de l’association Essaouira Mogador, ce cru 2016 a été plus que jamais l’occasion de « remettre la culture au cœur de la résilience de la société et de l’identité marocaine », à l’heure où « celle-ci fait mieux que la politique, notamment sur des sujets tabous tels que les conflits et la relation judaïsme-islam, sur lesquels on a réussi à discuter sereinement et avec responsabilité pendant ce festival».

L’islam, le judaïsme et Haïm Zafrani

Sur cette même lancée, André Azoulay a annoncé l’inauguration prochaine d’un centre de recherche et d’études sur le judaïsme et les relations judéo-musulmanes, baptisé Haïm Zafrani. Et ce en mémoire du grand penseur, historien, sociologue et linguiste juif marocain (1922-2004), auteur d’une littérature considérable sur le judaïsme en terre d’islam.