La semaine dernière, les Etats-Unis interdisaient l’utilisation de certains appareils électroniques à bord d’avions en provenance directe du Moyen-Orient, mais également du Maroc. Une décision qui survient quelques mois après le décret anti-immigration du gouvernement Trump. Faut-il y voir un lien de cause à effet ?

Un voyageur à destination des Etats-Unis range son ordinateur dans son bagage en soute le 23 mars 2017 à l'aéroport de Koweït City/ Crédit photo: Yasser Al-Zayyat pour l'AFP.

Un voyageur à destination des Etats-Unis range son ordinateur dans son bagage en soute le 23 mars 2017 à l’aéroport de Koweït City/ Crédit photo: Yasser Al-Zayyat pour l’AFP.

Mardi 21 mars 2017. Les autorités américaines décident d’interdire aux passagers embarquant à bord d’avions en provenance de plusieurs pays du Moyen-Orient et du Maroc, d’emporter en cabine certains appareils électroniques tels que des ordinateurs portables, des tablettes ou encore des appareils photographiques.

Un décret contesté mis en place par la Transportation Security Administration (l’agence nationale américaine de sécurité dans les transports) et qui concerne les compagnies aériennes opérant des vols directs vers les Etats-Unis, comme celles de la Jordanie, l’Egypte, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar, les Emirats Arabes Unis ou encore le Maroc, à travers notamment la Royal Air Maroc.

« Nous avons reçu une lettre officielle de la part des autorités américaines à travers laquelle on nous invitait à mettre en place dans les plus brefs délais cette nouvelle disposition au sein de notre compagnie. Dès que nous avons su de quoi il s’agissait, nous avons immédiatement informé notre clientèle des changements qu’il pourrait y avoir désormais sur les vols à destination des Etats-Unis »,nous explique notre source au sein de la RAM. Et d’ajouter : « C’est regrettable que nous soyons directement concernés par ce décret, mais nous n’avons pas eu d’autres choix que de nous plier à cette circulaire et à ses contraintes ».

Peu de temps après les Etats-Unis, le Royaume-Uni a également fini par annoncer l’interdiction des mêmes appareils électroniques aux même compagnies aériennes, « sauf pour le Maroc et la RAM »nous a tout de même précisé notre source.

Le choix de la sécurité

Rattachée au Département de la Sécurité intérieure des Etats-Unis, la TSA justifie cette mesure en évoquant les précédents attentats, comme en février 2016, lorsqu’un avion somalien subit une explosion en vol peu de temps après son décollage. La bombe était cachée dans un ordinateur portable.

Si le Muslim Ban avait fait couler beaucoup d’encre au moment de sa signature quelques jours à peine après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, l’Electronic Ban fait également beaucoup parler de lui notamment en Egypte, où les réactions suite à son entrée en vigueur ce samedi 25 mars ne se sont pas faites attendre. « Ça me paraît vraiment ridicule parce qu’encore une fois, ça ne vise que les pays musulmans », regrettait un jeune égyptien de 23 ans. En effet, quid des éventuels terroristes en provenance de pays européens ?

Au Maroc, aucune plainte de passager n’a pour l’instant été reçue par la Royal Air Maroc. A suivre…