Quelle place pour la foi dans les sociétés laïques et non sécularisées ?  L’Académie du Royaume du Maroc et le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux de la cité du Vatican, ont organisé mercredi 03 mai une journée d’étude sous le thème : « Croyants et citoyens dans un monde qui change ». Un évènement inédit couvert par Dîn wa Dunia. Compte-rendu.

Le Secrétaire perpétuel Abdeljalil Lahjormi en compagnie du professeur Ahmed Abbadi et du Cardinal Jean-Louis Tauran.

Le Secrétaire perpétuel Abdeljalil Lahjormi en compagnie du professeur Ahmed Abbadi et du Cardinal Jean-Louis Tauran.

Distinguer entre les domaines spirituel et social, éviter tout amalgame ou instrumentalisation, ou encore s’interroger sur les rôles des organisations confessionnelles dans l’éducation civique et religieuse. Tels ont été les sujets abordés lors de la journée d’étude organisée le 3 mai dernier par l’Académie du Royaume du Maroc et le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux de la cité du Vatican. Un évènement présidé par le Secrétaire perpétuel de l’Académie, Mr. Abdeljalil Lahjomri mais également par le Cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical du Vatican.

Parmi les intervenants, le professeur Ahmed Abbadi, Secrétaire général de la Rabita El Mohammedia des Oulémas du Maroc, le professeur Mohamed Sghir Janjar, Directeur adjoint de la Fondation du roi Abdul Aziz Al-Saoud pour les Etudes Islamiques et les Sciences Humaines ou encore Monseigneur Patrick Valdrini et Mr. Vincenzo Buonomo, tous deux professeurs à l’Université pontificale de Latran à Rome.

Ceux-ci se sont d’ailleurs exprimés sur la nécessité pour les sociétés actuelles non seulement de prendre en compte les enjeux liés à l’évolution des communautés religieuses, mais également de mieux définir la place de la foi dans la société civile.

 « La foi donne quelque chose de plus que l’espoir, elle confère la miséricorde et la solidarité envers les autres, tout comme la confiance nécessaire pour lire les évènements qui affectent notre monde actuel. Avoir la foi n’est pas seulement une aptitude abstraite pour comprendre le sens de la douleur ou la joie du succès, mais constitue cette force qui permet d’œuvrer face aux petites et grandes problématiques de la société : l’emploi, l’éducation, la santé, l’environnement, la paix et la sécurité, le développement et la protection des droits fondamentaux des individus et des peuples », a ainsi déclaré Vincenzo Buonomo durant son intervention.

Cette journée d’étude, placée sous le thème « Croyants et citoyens dans un monde qui change », a eu pour but de rétablir le dialogue entre différentes communautés confessionnelles mais également entre croyants et non-croyants. Elle a surtout été l’occasion de souligner que le croyant qui vit et qui œuvre aujourd’hui au sein de sa société, est à la fois croyant et citoyen, car il n’existe aucune contradiction entre les deux qui obligerait à privilégier un statut au détriment d’un autre.