Mardi 28 mars, Etat de l’Arkansas. Huit condamnés à mort saisissent la justice américaine pour contester l’avancement et le regroupement de leurs dates d’exécution prévues pour avril. Un procédé inédit dans le milieu pénitentiaire américain qui choque l’opinion publique.  

Portraits des huit condamnés à mort de l'Arkansas.

Portraits des huit condamnés à mort dans l’Etat de l’Arkansas.

Exécuter huit condamnés à mort en seulement dix jours. Voici la mission que se sont récemment fixé les autorités pénitentiaires de l’Arkansas. La raison d’une telle précipitation ? Les stocks de midazolam, l’anesthésiant utilisé dans le cocktail létal administré aux condamnés, risquent d’être périmés d’ici la fin du mois d’avril 2017.

Une décision très contestée dans tout le pays et qui inquiète bon nombre d’opposants à la peine capitale, surtout lorsqu’on sait que l’Etat de l’Arkansas n’a exécuté aucun détenu depuis 2005.

« Le délai très court de notre future mise à mort va à l’encontre des règles en vigueur dans l’Arkansas (…). Ce calendrier effréné imposé par l’Etat cause à chacun de nous un dommage irréparable », écrivent dans leur plainte les condamnés en question. Cette précipitation, ajoutent-ils, ne leur laisse pas assez de temps pour préparer les recours en clémence autorisés avant l’exécution.

« Il aurait été évidemment préférable que ces exécutions s’étalent sur plusieurs mois voire plusieurs années, mais nous n’avons réellement pas le choix », expliquait quant à lui Asa Hutchinson, gouverneur de l’Etat de l’Arkansas. Et d’ajouter : « cette succession d’exécutions intervient dans un contexte de pénurie des substances létales dans les prisons américaines ».

Les huit condamnés, quatre Blancs et quatre Noirs, ont passé en moyenne vingt ans en prison. Selon le calendrier actuellement prévu, ils devraient normalement être mis à mort par groupe de deux, le 17 avril, le 20 avril, le 24 avril et le 27 avril prochain.

Ces derniers ont par ailleurs déposé une autre plainte commune pour dénoncer le protocole d’injection létale de l’Arkansas. Le midazolam est en effet accusé de ne pas plonger suffisamment dans l’inconscience le condamné, entraînant pour lui un risque de grandes souffrances avant son décès.