Sheila Abdus-Salaam, la première juge afro-américaine de confession musulmane, a été retrouvée sans vie ce mercredi 12 avril à New York dans le fleuve Hudson. Une mort troublante.

La juge Sheila Abdus-Salaam lors de sa prestation de serment au tribunal d’Albany (New York) le 20 juin 2013 face au juge en chef de la Cour d'appel Jonathan Lippman.

La juge Sheila Abdus-Salaam lors de sa prestation de serment au tribunal d’Albany (New York) le 20 juin 2013 face au juge en chef de la Cour d’appel Jonathan Lippman.

Le mystère demeure entier autour de la mort de Sheila Abdus-Salaam, 65ans, la première juge afro-américaine musulmane de l’histoire des Etats-Unis. Son corps tout habillé a été repêché dans le fleuve de l’Hudson, dans le quartier d’Harlem à New York le mercredi dernier. Son époux avait déclaré sa disparition la veille aux autorités. La police a déclaré pour sa part qu’elle ne présentait aucun traumatisme ni trace de mutilation. Les circonstances de sa mort restent inconnues, la police new-yorkaise attend l’autopsie pour en savoir plus. Plusieurs personnalités ont réagi suite à cette disparition, à l’instar du maire de la ville Bill de Blasio sur son compte Twitter : «Je suis profondément attristé par la mort tragique de Sheila Abdus-Salaam. C’était une pionnière tellement humble. Mes pensées vont à sa famille ». Celui qu’il l’avait nommée à la cour d’appel fédérale en février 2013, faisant d’elle la première femme afro-américaine musulmane à ce poste, le gouverneur Andrew Cuomo, a quant à lui déclaré : « [Elle] était une juriste d’avant-garde qui a dédié sa vie à faire de New York un Etat plus juste. A travers ses écrits, sa sagesse et son sens moral inébranlable, elle était une force de bien dont l’héritage perdurera de nombreuses années. »

Née en 1952 à Washington D.C. dans une famille de la classe ouvrière, Sheila Abdus-Saalam a grandi dans une fratrie de 7 enfants. C’est sa mère qui l’a poussée à faire de longues études pour pouvoir s’extraire de sa condition sociale. Avant d’être élue à la magistrature de New-York en 1991, elle était défenseure publique à Brooklyn, représentant les personnes qui ne pouvaient pas payer les services d’un avocat.  L’accès à la justice pour tous était son principal combat. La défunte était également connue pour son militantisme en faveur de l’égalité des genres et des minorités sexuelles. Sheila Abdus-Saalam a aussi été assistante du Procureur général de New York au début des années 1980. En attendant de connaitre les circonstances de son décès, sa mort laisse un grand vide dans l’institution judiciaire américaine.

T.S.