Au lendemain du premier débat télévisé de la présidentielle française 2017, Jean-Luc Mélenchon a été, selon les sondages, le candidat le plus persuasif. De quoi enclencher une nouvelle dynamique autour du fondateur de la France insoumise. Portrait.

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Paris le 5 mai 2016 / Crédit photo : Lewis Joly (SIPA).

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Paris le 5 mai 2016 / Crédit photo : Lewis Joly (SIPA).

C’est le 19 août 1951 à Tanger que le futur homme politique voit le jour. Né d‘un père receveur de poste et d’une mère institutrice, il garde un souvenir impérissable du Maroc. Contraint de quitter l’Afrique du Nord, il découvre la France à l’âge de 11 ans. Ce départ, qu’il considère comme un exil, provoque chez lui une souffrance comparable « à celle de l’émigré forcé de quitter son pays natal », selon ses propres termes. Il entame sa carrière professionnelle en tant que professeur de français dans le secondaire en 1975 avant d’adhérer à l’aile la plus à gauche du Parti Socialiste, qu’il quitte en 2008. Il cofonde par la suite le Parti de gauche en 2009, et se présente en tant que candidat à la présidentielle de 2012 sous l’étiquette du Front de gauche, une coalition de plusieurs courants gauchistes. Ce mouvement laisse place à la France insoumise en 2016.

Très présent sur les réseaux sociaux qu’il utilise comme une tribune pour s’adresser directement à son électorat sans passer par les médias mainstream, aussi fougueux que modéré, Jean-Luc Mélenchon reste un animal politique complexe et inattendu. Son discours mêlant coups de gueules frontaux et éloquence trouve en effet un écho chez les classes populaires comme chez une certaine élite intellectuelle. A tel point que selon de récents sondages, sa côte de confiance auprès des Français aurait atteint les 40%, le plaçant en seconde position derrière Emmanuel Macron (45%). Il gagne aussi du terrain au niveau de l’électorat du Front national et celui « sans étiquette politique », ce qui le place en quatrième position des intentions de vote, juste devant Benoît Hamont, autre candidat de la gauche.

Mélenchon se présente comme étant un ferme défenseur de la laïcité, se revendique comme un héritier de la philosophie des Lumières et ne cache pas sa sympathie pour la franc-maçonnerie. Il souhaite écrire une nouvelle Constitution afin de créer une 6ème République, une république qui se veut parlementaire avec une Assemblée nationale élue à la proportionnelle. Le Sénat ainsi que le Conseil économique et social seraient quant à eux remplacés  par une assemblée citoyenne.

Ceci étant, certains de ses détracteurs l’attaquent sur sa prétendue intégrité. C’est le cas de Christian Schoettl, maire de la commune de Janvry dans l’Essonne, qui l’accuse entre autres d’avoir créé un emploi fictif pour sa fille, Marilyne Camille Mélenchon, au conseil général de l’Essonne. Malgré le nouveau souffle qui l’accompagne, le futur de Jean-Luc Mélenchon pose question. Le leader de la France insoumise a-t-il les capacités nécessaires pour remporter la présidentielle de 2017 ? Si un gouvernement de gauche se forme, en fera-t-il partie ? Les prochaines échéances politiques répondront sûrement à ces interrogations.

T.S.