A l’image du climat social en France, le traditionnel débat d’entre-deux-tours des élections présidentielles opposant Emmanuel Macron à Marine Le Pen a été d’une rare violence. Résumé.

Les deux candidats sur le plateau du débat télé

Les deux candidats sur le plateau du débat télé

Ce mercredi 3 mai 2017 à 21h (heure française), les deux finalistes de la présidentielle se sont fait face pour un débat télévisé qui a vite tourné au règlement de compte entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Pendant 2h30, les deux candidats étaient invités à présenter et défendre leurs programmes respectifs. Le débat de fond n’a pas réellement eu lieu. D’emblée, la candidate frontiste s’est attaqué à son adversaire sans round d’observation.

Sur le site du Figaro, le politologue Christian Delporte, historien et professeur à l’Université de Versailles-Saint Quentin, résume «Dans ce débat extrêmement confus, qui n’a pas dû beaucoup éclairer les Français, l’invective l’a emporté sur l’argumentation. Je n’ai jamais vu cela! ».

Marine le Pen a adopté une stratégie très offensive, voulant à tout prix décrédibiliser Emmanuel Macron aux yeux des électeurs. Elle a aussi essayé de ratisser dans l’électorat de Français Fillon, décrivant notamment le candidat d’En Marche ! comme étant un « Hollande junior », et est allée jusqu’à faire des appels du pied aux partisans de Jean-Luc Mélenchon en présentant son adversaire comme un « soumis au système ».

De son côté, Macron a surtout répondu aux piques lancées contre lui.  Sans prendre beaucoup de risques, l’ancien Ministre de l’Economie et des Finances de François Hollande a attaqué Marine Le Pen sur le fond de son programme, notamment sur son projet de sortie de l’euro qu’il a jugé irréalisable.

« Dans ce débat d’une violence inouïe, Emmanuel Macron a plutôt gagné parce qu’il n’a pas perdu. Marine Le Pen, dans une stratégie “vergésienne” de rupture a tenté de pousser son adversaire à la faute sans y parvenir. Elle a montré, au contraire, ses limites. Marine Le Pen est davantage apparue comme la future première opposante d’Emmanuel Macron que comme une candidate prête à entrer à l’Élysée», confie au Figaro Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’institut de sondages Ifop.

Ce jeu de punching-ball qui a parfois frôlé le ridicule a provoqué l’hilarité de plusieurs internautes sur les différents sociaux, qui ont rivalisé en critiques et parodies.

T.S.