Le 1er février 2017, la mairie de Fès avait émis un arrêté communal encadrant étroitement la mixité dans les salons de coiffure et les centres d’esthétique de la capitale spirituelle. Un texte controversé, rapidement annulé par Driss El Azami El Idrissi sur injonction du ministère de l’Intérieur.  

A gauche, Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville de Fès et ancien ministre délégué du ministre délégué auprès du ministre de l'Économie et des Finances chargé du Budget dans le gouvernement Benkirane. A droite, Saïd Zniber, wali de la région Fès-Meknès et gouverneur de la préfecture de Fès.

A gauche, Driss El Azami El Idrissi, maire de la ville de Fès et ancien ministre délégué auprès du ministre de l’Économie et des Finances chargé du Budget sous le gouvernement Benkirane. A droite, Saïd Zniber, wali de la région Fès-Meknès et gouverneur de la préfecture de Fès.

Ce projet de loi visait la réglementation de l’exercice des métiers de coiffure et d’esthétique dans les locaux ne disposant pas d’une surface minimale. Une décision prise, à l’époque et à l’unanimité par les membres du conseil de la Ville, dominé par le PJD et présidé par l’ancien ministre du Budget dans le gouvernement Benkirane, Driss El Azami El Idrissi. Cet arrêté, validé par Saïd Zniber, wali de la région Fès-Meknès et gouverneur de la préfecture de Fès, avait provoqué un tollé sur les réseaux sociaux et au sein des institutions concernées par ce décret.

 « Il était question de séparer les salons de coiffure en deux espaces pour que les hommes et les femmes n’aient plus à se mêler. Mais comment travailler dans ces conditions lorsqu’on n’a pas les moyens d’aménager son salon autrement, ou même, que l’on trouve cette décision tout simplement ridicule ? » se demandait l’un des propriétaires d’un institut de beauté à Fès dans un micro-trottoir.

Depuis, cet arrêté a été abrogé, la wilaya estimant qu’une telle décision était juridiquement anticonstitutionnelle, ne relevait pas des compétences dévolues au Conseil communal et s’est faite sans concertation avec la wilaya ni les départements concernés par cet arrêté. Les décisions du Conseil communal doivent en effet être approuvées par la wilaya avant d’être exécutoires. Les élus derrière ce texte expliquaient qu’il s’agissait surtout pour eux de s’attaquer une bonne fois pour toutes à la prostitution dans certains salons de coiffure et de massage.