L’orchestre judéo-musulman Angham Zamane propose ce soir une veillée, où la musique populaire judéo-marocaine sera à l’honneur à la Fondation des œuvres laïques de Casablanca (FOL).

affiche hafla

Depuis le début de l’année 2017, l’orchestre Angham Zamane organise des concerts afin de redonner vie au chgouri dans le pays qui l’a vu naître. La nouvelle formation musicale veut réinvestir la scène locale avec un registre populaire longtemps oublié, qui a pourtant fait le succès des grands noms du patrimoine musical judéo-marocain, tels que Sami Al Maghribi, Pinhas Cohen, Emile Zrihan ou encore Zohra El Fassia. Le chgouri désigne justement une musique chaâbi très appréciée à la fois par les milieux citadins musulmans et juifs, et ce depuis le début du siècle dernier. Celle-ci puise ses racines dans la musique andalouse et le melhoun, tout en étant influencée par des genres ruraux, tels que la jajouka ou la aïta.

Cet orchestre, dirigé par Abdelkrim Jalal, est né suite à un constat : la disparition de groupes musicaux spécialisés et consacrés uniquement à ce registre musical au Maroc. Maurice Elbaz, producteur artistique, nous explique la genèse du projet : « De plus en plus de groupes musicaux judéo-marocains au Canada, en France ou aux Etats-Unis se revendiquent du chgouri, alors qu’ils perdent leurs liens avec le terroir socioculturel qui a fait la singularité et la beauté de cette musique. En effet, il n’existe plus aucune formation spécialisée dans ce répertoire en Afrique du Nord. Il n’y en a pas en Algérie, il n’en existe plus en Tunisie… Nous sommes donc le dernier groupe de musique chgouri de la région ». C’est pour cette raison qu’Angham Zamane rassemble de jeunes artistes tels que Hamza Azemmouri, aux côtés de Coco Tordjman ou encore Joe Afriat. D’autres dates de concerts sont prévues dans les mois à venir, dont une soirée dédiée aux voix féminines du chgouri.

Ghita Zine et Mouna Izddine