Le nouveau chef de l’Exécutif marocain Saâdeddine El Othmani a la lourde tâche d’accomplir en 15 jours ce que son prédécesseur n’a pas su faire en 5 mois : former un gouvernement. Selon certains médias, l’injonction viendrait directement du roi.

Le roi Mohammed 6 a accueilli le vendredi 17 mars 2017 le nouveau chef du Gouvernement Saâdeddine El Othmani dans son palais royal à Casablanca.

Le roi Mohammed 6 a accueilli le vendredi 17 mars 2017, le nouveau chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani au palais royal de Casablanca.

Le nouveau Premier ministre, connu pour son sens de la modération et du consensus, adopte une stratégie différente de celle de son prédécesseur Abdelilah Benkirane, qui semblait moins ouvert au dialogue dans ses consultations avec les autres partis représentés au Parlement. Ce mardi 21 mars, il a en effet rencontré des membres de l’Istiqlal dont Mohammed Soussi, qui a réitéré l’envie du PI de participer au gouvernement. El Othmani a également rencontré simultanément ce mardi matin le président du Rassemblement national des indépendants (RNI), Aziz Akhannouch, et le Secrétaire général de l’Union constitutionnelle (UC), Mohamed Sajid. Selon les dernières informations parues dans la presse, les chefs de ces deux formations ont exprimé leur volonté d’intégrer la majorité gouvernementale.

Hier après-midi,  ce fut le tour d’Ilyas El Omari qui a été reçu pendant près d’une heure au siège central du PJD à Rabat. Le secrétaire général du Parti Authenticité et Modernité (PAM) dit n’avoir reçu aucune offre de la part du nouveau Premier ministre à rejoindre l’exécutif. Ceci dit, le chef de file de la formation progressiste, qui demeurera très probablement dans l’opposition, a souhaité que le nouveau chef du gouvernement poursuive sur cette lignée d’ouverture au dialogue avec les opposants du parti de la lampe. Figurait également au programme de cette journée marathon une réunion avec Mohand Laencer, leader du Mouvement populaire (MP), ainsi qu’une rencontre avec le Secrétaire général de l’USFP, Driss Lachgar, ou encore Nabil Benabdallah, chef du Parti du progrès et du socialisme (PPS). A cette occasion, le secrétaire général du PPS a formulé sa ferme intention de soutenir El Othmani, en invitant notamment le PJD à poursuivre son alliance avec le parti.

 Le temps est désormais compté pour le successeur d’Abdelilah Benkirane qui doit au plus vite former une majorité confortable et sortir le pays du blocage politique.

T.S.