Le Marché Central et l’église du Sacré-Cœur de Casablanca sont en cours de rénovation. Zoom sur la renaissance de ces deux emblèmes de la ville blanche.

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L’église du Sacré-Cœur à l’origine puis recouvert d’échafaudage (DR)

 

Casablanca se réconcilie-t-elle avec son passé ? Deux emblèmes du protectorat français auront en tous cas droit à une nouvelle vie dans la ville blanche, à savoir l’église du Sacré-Cœur et le Marché Central. Cela n’a pas échappé aux casouis, notamment pour l’ancien édifice religieux qui est désormais recouvert par plus de 20 000 mètres d’échafaudages. Un chantier titanesque qui a commencé en novembre 2016 pour ce bâtiment vieux de plus de 80 ans. La restauration a débuté par la voûte intérieure pour des travaux qui devraient s’étendre jusqu’à la fin de 2018. Pendant cette même période le lieu sera réhabilité afin d’abriter des manifestations artistiques et  culturelles. «L’idée est de lier ce lieu historique à son environnement immédiat, notamment le parc de la Ligue arabe et l’Ecole des beaux-arts», comme le précise dans l’Economiste Mustapha Lhaya, deuxième vice-président chargé des travaux et infrastructures. Ainsi on pourra y retrouver des ateliers d’artistes, un espace de lecture, un petit musée, un café, un restaurant, etc. Le coût des travaux est quant à lui estimé à 25 millions de dirhams. Pour rappel, cet ancien édifice chrétien a vu le jour pendant la période coloniale en 1930 puis a été désacralisé après l’indépendance du Maroc en 1956. La communauté catholique n’est cependant jamais restée orpheline, puisque l’église de Notre-Dame-de-Lourdes a assuré la relève dès la transformation du Sacré-Cœur en annexe de l’Université Hassan 2 dans les années 1970.

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Le Marché Central dans les années 1920 et aujourd’hui, avec les lignes du tram (DR)

Le Marché Central, bientôt centenaire, va lui aussi avoir le droit à une seconde jeunesse, ou plutôt une troisième après les premières rénovations de 2005 et de 2012. Le projet est cette fois-ci de créer un marché gastronomique afin « de fêter les saveurs du Maroc », le but étant de rendre le lieu attractif, notamment pour les touristes étrangers, tout en répondant aux normes internationales en matière d’hygiène. Actuellement, le projet est en phase de réflexion et ce pendant une période de deux à trois mois. Par la suite, un concours d’architecte verra le jour, les travaux en eux-mêmes sont prévus pour l’automne 2017 et devraient s’étendre jusqu’en 2019. C’est Casa-Patrimoine qui sera chargée de la mise en œuvre des travaux, pour un coût estimé à 15 millions de dirhams. Le temps nous dira si ces deux rénovations seront réellement bénéfiques pour le tourisme historique et culturel dans la métropole.

T.S.